I.G. Production

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13 avril 2013 par Marie Pruvost-Delaspre

Production I.G (Kabushiki-gaisha Purodakushon Ai Jī) est un studio de production de films et de série d’animation japonaise créé le 15 décembre 1987 sous le label I.G Tatsunoko avant de devenir Production I.G en 1993. Le nom provient des initiales des deux créateurs : Mitsuhisa Ishikawa (producteur et président du groupe) et Takayuki Gotō. Le studio se donnait comme but de produire des films d’animation de qualité, plutôt pour le cinéma que pour la télévision.

  • TATSUNOKO PRODUCTION

Fondé par trois frères, Yoshida Tatsuo, Kenji et Toyoharu, Tatsunoko a occupé une place centrale dans le paysage de la production animée de l’après-guerre. Tatsuo, le plus connu, mangaka, travaille pour le kamishibai, puis rencontre l’assistant de Tezuka qui le convainc de se lancer dans l’animation en 1962. Il fonde sa propre structure de production, orientée vers les séries télévisées, selon l’intuition fondatrice de Tezuka. Leur 1ère création, Unchū esu (Space Ace, de Sasagawa Hiroshi) en 1965, présente des héros qui grandissaient au cours des épisodes, un élément aujourd’hui récurrent des séries à long cours.

Ensuite est lancée Mach GoGoGo (Speed Racer), une série de voitures de course réalisée grâce à des expériences sur représentation de la vitesse animée. Mais leur premier grand succès sera Kagaku Ninja gun Gatchaman (La Bataille des planètes) en 1972.

Ex : MachGogogo (1967)

  • TATSUNOKO I.G.

Dans années 1980, Mitsuhisa Ishikawa travaille comme producteur pour le studio Tatsunoko. En 1987, il se voit confier la direction d’une annexe du studio pour travailler sur une série, Akai Kondan Zillion. À cette époque, Tatsunoko est en grandes difficultés financières et l’annexe dirigée par Ishikiwa manque de moyens. Ishikiwa propose alors à Takayuki Gotou, qui travaille avec lui, que l’annexe fasse scission. C’est chose faite le 15 décembre 1988 et l’annexe est renommée I.G Tatsunoko (initiales des deux fondateurs). Tatsunoko finance néanmoins en partie la nouvelle structure, qui n’est pas complètement indépendante.

Ex : Akai Kodan Zillion (1987, Watanabe Akira) considéré comme la 1ère production I.G.

I.G Tatsunoko produit alors un grand nombre d’OAV (original animated video ≈ direct to vidéo) et de films en collaboration notamment avec le studio Deen.

Au début des années 1990, le studio engage le storyboarder Mamoru Oshii pour travailler sur les OAV et sur le premier film de Patlabor. À la suite de quoi, Oshii quitte le Studio Deen où il a réalisé Tenshi no tamago et réalise à I.G. un film-live, Talking head sorti en 1992.

En 1993, Oshii réalise son premier film chez I.G, Patlabor 2 qui sera suivis 2 ans plus tard par le mondialement acclamé Ghost in the shell, d’après le manga de Shirow Cette collaboration fructueuse autour de l’adaptation des œuvres de Shirow Masamune s’est prolongée au cours des années avec la série TV Stand Alone Complex, suivi d’une deuxième saison, Ghost in the Shell: S.A.C., le film de Kenji Kamiyama Ghost in the Shell: S.A.C. Solid State Society, et bien sûr le deuxième volet d’Oshii, Innocence (2002).

Ce ne sont bien sûr pas les seules cordes à l’arc de cette maison de production qui a su imposer assez rapidement son style, puisqu’ils produisent également depuis 2006 les films de CLAMP, ou encore les ambitieuses séries Windy Tales (2004) et Eden of the East (2009).

En juin 1990, I.G. prend une certaine indépendance avec la création par Ishikawa d’ING, qui sert de maison-mère au studio, jusqu’en 2000.

En septembre 1993, le studio change de nom et devient Production I.G, son nom actuel. Le studio se développe également à l’étranger avec une filiale américaine, LLC (1997). Ishikawa fonde aussi Bee Train, sur la proposition de Koichi Mashimo de développer une petite structure qui serait à la pointe de la créativité, avant de devenir par la suite indépendante en 2006. Depuis les deux structures travaillent ensemble sur certains projets.

En décembre 2007, Ishikawa crée I.G. Port, qui regroupe I.G., ses filiales et l’éditeur de manga Mag Garden, déjà actionnaire du groupe.

  • UN LABORATOIRE 3D

I.G. est également connu comme un haut lieu d’expérimentation des nouvelles technologies et des innovations en animation. En effet l’animation numérique a longtemps été marginale au Japon, terre de l’animation traditionnelle sur papier. Ceci vaut à I.G son statut de laboratoire de l’animation

Dès le premier Ghost in the shell, des tentatives d’intégration d’effets spéciaux numériques aux décors sur papier sont réalisés, travaux en grande partie menés par le directeur des effets spéciaux Hisashi Ezura et le réalisateur Kitakubo Hiroyuki (Roujin Z). Un film porte le résultat de ses années d’expérimentations, qui a été salué pour le brio de sa réalisation, entre dessin et CGI.

Ex : Blood: The Last Vampire, 2000, de Hiroyuki Kitakubo

La 3D est également développée (CGI), avec le projet Oblivion Island: Haruka and the Magic Mirror de Shinsuke Sato (2009), sorte de contre-point maison à Yona Yona penguin de Madhouse (Rintarō, 2009).

ExHottarake no Shima – Oblivion Island, Sato (2009)

IG semble développer l’ambition de combiner l’expressivité de l’animé avec les meilleures techniques de CGI (4 ans de travail, équipe de 200 personnes), mais dans un style qui diverge totalement de la 3D à l’occidentale, et ainsi de révolutionner l’animation 3D japonaise.

Pour Kill Bill vol.I de Tarantino, Nakazawa Kazuto réalise le segment d’animation sur l’enfance du personnage d’O-Renji, dans un style très marqué et entièrement dessiné à la main. La séquence – court-métrage souligne le caractère résolument adulte du travail d’I.G., mais aussi son lien très fort avec le cinéma PVR et les « films de genre ».

Ex : O-Ren Ishii

Tarantino se serait d’ailleurs inspiré du personnage de beauté vengeresse du manga Lady Snowblood (Shurayuki hime, 1973-4) de Kazuo Koike et Kazuo Kamimura sur le thème de a vengeance féminine (enfant qui est élevé dans le seul but de venger ses parents).

Lady Snowblood, Koike et Kamimura

  • PARTENARIAT AVEC GAINAX

Depuis le début des années 2000, I.G. a développé de nombreuses coproductions avec Gainax et Bee Train (filiale), dont par exemple The End of Evangelion d’Anno (1997), ou FLCL de Tsurumaki Katsuya (2000).

Ex : Fuli Culi, 2000

Le studio s’est aussi lancé dans quelques expériences en animation Flash avec Dead Leaves, de Hiroyuki Imaishi, un animateur star de Gainax, réalisateur de la série Gurren Lagann (2007).

Ex : Dead Leaves, 2004

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